Voici une histoire sorti de mon imaginaire et qui peu à peu prend vie sur le forum des loup : La meute (http://la-meute.org/forums/index.php?act=home)
Une amitié éternelle
COUPABLE !!!! Tel fut le verdict du bourgmestre. Le procès avait duré une demi-heure, le temps nécessaire pour expliquer aux gens quelles étaient mes fautes. Les badauds, avides de spectacle et de nouveauté dans leur vie monotone, s’étaient empressés de venir sur la grand-place pour admirer la justice des hommes.
La justice, quelle connerie !! Moi qui ai passé plus de temps que n’importe qui dans les bas-fonds de la cité, je sais ce que c’est, la justice des hommes : le plus fort gagne. C’est pourquoi je me suis toujours débrouiller pour être le meilleur. Meilleur voleur, meilleur mendiant. Pas de place pour la pitié, les faibles crèvent et les forts vivent. Telle est la Loi de la rue, et il m’incombait d’y obéir. Lorsque l’ont né fils de fille légère, on ne peut imaginer avoir un avenir de prince.
Pourtant, je ne rêvais pas de devenir le maître des filous de Suran, et la vie dans cette ville côtière du Nord ne m’apparaissait pas comme une fin en soi. Alors que certains me prédestinaient à devenir le nouveau cerveau du crime organisé, je décidais de vivre de moins en moins au contact des autres. Un appel, toujours refoulé mais indéfiniment présent, était constamment présent dans mon cœur. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu ce sentiment que ma place n’était pas ici, dans le grouillement des êtres de ma race. Et il fallut qu’arrive ce jour funeste pour que je comprenne enfin où était mon avenir.
Les gardes me détachèrent du barreau des accusés et m’emmenèrent directement sur le parvis du temple de Zakarai, le dieu de la Mort. Ainsi, alors qu’une voix plus salutaire s’ouvrait à mes yeux, j’étais condamné à mourir par le bûcher. Les dieux sont cruels. Alors qu’ils m’offrent sur un plateau de vivre selon mon cœur, ils dressent une nouvelle épreuve devant moi.
Car si je suis dans cette situation, ce n’est pas pour un larcin quelconque, non, c’est pour un meurtre. Et pas n’importe quel meurtre, celui de comte Aldorius, le maître des terres de Suran. Pendant que les bourreaux m’installés sur l’autel de feu, les événements de la veille me revinrent en mémoire.
Je ne sais ce qui me prit cette nuit là, mais je décidais de quitter Suran et d’aller vivre dans la forêt. Suivant la route du Nord, je pris la direction des montagnes avec pour seuls bagages, mon sac de toile vieilli et ma rapière, seul bien précieux en ma possession. Après plusieurs heures de marche, alors que l’aube se levait enfin, je vis pour la première fois la Forêt de Talis, monde verdoyant et miroitant, foyer de toutes ces créatures sauvages qui peuplaient mes rêves d’enfant. Elle est aussi le fief de ceux qui font fermer les portes des maisons au crépuscule, qui font frémir les gardes sur les remparts des cités, qui font hurler de désespoir les simples d’esprits, quand leur chant monte au loin. Elle est le territoire des Loups, ces esprits des brumes qui ne connaissent aucun maître.
Il est étrange d’y songer, car de toute ma vie, je n’ai éprouvé aucune crainte envers ces êtres qui m’apparaissaient comme des âmes pures et libres de tous liens artificiels. Aussi, ce n’est pas l’appréhension de l’inconnu et du sauvage qui me prit l’âme, à la vue de ces terres apatrides, mais plutôt une sensation de retour vers mon vrai monde, mon vrai peuple. Je pénétrai dans la forêt aux premières heures du matin, et disparaissais de la vie des hommes pour ne pas y revenir. Du moins, est-ce ce que je pensai !
Midi sonnait à Suran, et je m’enfonçai de plus en plus dans les terres sauvages. La Nature, timide au début, commençait à se dévoiler à mon regard. Les créatures de la forêt se faisaient plus curieuses, plus hardis et de mon coté je faisais tout pour les encourager. A mesure que la journée passait, je m’émerveillai devant tant de beauté, de spiritualité et de tranquillité. Ce monde a demi-silencieux et feutré m’apporta une sérénité que je ne connaissais pour ainsi dire pas. Mon insouciance et ma tranquillité me firent perdre la mesure du temps. Et quelle ne fut pas ma surprise de tomber nez à museau avec un des maîtres de ces lieux !!
La rencontre aussi soudaine qu’imprévue, se fit sans que rien ne puisse nous y préparer. Le Loup était à 10 mètres devant moi et semblait m’avoir repéré depuis quelques minutes. Ce qui me parut étrange, c’est qu’il ne prit pas la fuite, en me voyant approcher. Car attiré par une irrésistible envie, je ne pus me retenir d’avancer vers lui. Prenant une attitude méfiante, il me regarda marcher lentement vers sa position. Pendant une éternité, je m’avançai vers ce loup qui me captivait au point que j’en oubliai la vie elle-même. Puis en un pas, nous fûmes l’un en face de l’autre. Il m’observait, méfiant et je le contemplai admiratif et humble devant sa noblesse et sa force contenue. Son regard m’envoûta, me paralysa. J’étais si plein d’admiration et de bonheur que je n’entendis pas les bruits de sabots qui s’approchai de la clairière. En revanche le loup les avait repéré depuis déjà un certain temps et semblai de plus en plus inquiet.
Soudain, un cavalier apparut, épée au clair et la rage au cœur. Sa figure n’était que folie et cruauté. Le loup montra les crocs devant cette attitude si agressive, et voulu sans tarder fuir dans la forêt mais il ne le put. D’autres hommes, armés et rageurs, s’étaient précipité derrière le cavalier qui n’était autre que le comte Aldorius, s’adonnant à son plaisir favori, la chasse aux loups. Ses louvetiers encerclèrent le fauve et en un éclair ce dernier fut piégé. Je me rendis soudain compte que c’était de ma faute, que si je ne l’avais pas approché, si je ne l’avais pas rencontré, il serait loin dans la forêt auprès des siens et en sécurité.
Un veneur tira une flèche qui blessa le loup à une patte. Cette attaque, cruelle, sordide, et les visages des ces hommes, de ces gens de ma race, emplis de rages et d’un plaisir malsain me dégoûtèrent à tel point que, sans réfléchir, calmement, avec une fureur contrôlée et un détachement quasi surnaturel, je sortis ma rapière et l’enfonçais dans le ventre de l’un des chasseurs. Avant que ces compagnons et le comte ne comprennent ce qui arrivait, 2 autres louvetiers gisaient morts, transpercés par ma lame. Avec une colère de plus en plus incontrôlable, je me dirigeais vers le cavalier et, tranchant le harnais de sa selle, je le mit à terre. Le comte sonné et éberlué par mon attaque si soudaine, n’eu pas le temps de ce défendre et avec un hoquet de d’agonie, reçut mon épée au travers du cœur. Cependant, alors que je tuais le seigneur de Suran, ses grouillots reprenant leurs esprits, attaquèrent et n’eurent aucun mal à me terrasser. Le maître louvetier donna l’ordre de me garder en vie, afin de me faire juger pour le meurtre du comte. Alors que le crépuscule tombait, les chasseurs me ramenés en ville, ligoté et bâillonné. Ils ne se privaient pas me brutaliser et de m’admonester. Pourtant, un sourire fleuri sur mes lèvres car j’eus la satisfaction et le bonheur de voir au loin, le loup entouré de sa meute, vivant et libre.
Le bûcher se présenté devant moi, sinistre et fatidique. Les bourreaux ne prirent aucunes précaution a mon égard. Ils me lièrent fermement au poteau dressé au milieu du tas de bois sec. La populace était hystérique, complètement ivre du spectacle qui allé s’offrir à leurs yeux. Sans se soucier de l’image qu’ils offraient aux autres, les bourgeois de trémoussaient, sautaient et hurlaient leur haine et crachaient à mon visage. Nature humaine quand tu nous tient ! Après avoir fini de m’attacher, les bourreaux s’écartèrent et laissèrent la place au bourgmestre, afin que celui ci fasse sa déclaration au peuple. Marius Delnir, prélat de Suran, demanda le silence. Après moult cris et autres éructations humaines, une pesante et terrible attente se fit. Dans ce silence de mort, Delnir hurla de toute sa force :
-« Par les pouvoirs qui me sont conférés, et par les lois qui régissent ce royaume, je condamne cet homme, Elessar Sinral, mendiant de Suran, voleur et assassin, à une mort immédiate par le feu purificateur. Bourreaux, faites votre office. »
Un cri de joie fusa de la populace, le jugement tant attendu avait enfin était déclaré aux vus et su de tous. Un homme allait mourir et les gens se sentiraient vivrent un peu plus. Le goût du sang a toujours pollué la race humaine, et voilà que j’en faisais les frais. Le maître exécuteur s’avança avec une torche et une outre d’huile. La sentence ne fut pas une surprise pour moi, et je doit dire que je m’attendais à un plaidoyer plus long et plus véhément de la part de Delnir, lui qui fut toujours irrité de voir ma popularité au sein des saltimbanques de Suran grandir d’année en année. Mais il avait préféré le sobre et le direct, peut etre afin de montrer que je n’étais qu’un brigand sans envergure et non une épine dans son pied. Toujours est-t-il que lorsque le bourreau mit le feu au bûcher, ce gros pachyderme de bourgmestre affichait un sourire des plus réjouit. Un sourire de contentement et de haine contenue.
Le bois crépita lorsque la manne de flamme commença à le consumer. Alors que les aides de l’exécuteur s’affairaient afin d'entretenir le feu, et que ce dernier commençait à se faire de plus en plus oppressant, un malaise se fit sentirent dans la populace. Un cri de terreur jailli des dizaines de bouches, et les bourreaux semblaient distrais par une cause inconnue. Et puis je compris soudain en voyant une pelisse de fourrure vivante passer devant moi. Un loup se trouvé sur le bûcher et faisait reculer les bourreaux. Je senti un mouvement derrière moi et je vis en me tortillant, le loup que j’avais aperçu dans la foret et à qui j’avais sauvé la vie la veille. Sans s’occuper de ce qui se passé autour de nous, l’animal rongeait mes liens, tentait de me libérer de mes entraves. Les cordes lâchèrent peu à peu et, en quelques secondes, je fus de nouveau libre. Libre et sauf de la mort.
En sautant a bas de mon estrade sinistre, je vis que les loups n’étaient pas les seuls à s’être opposé à ma mort. Au milieu de la mêlée se trouvaient des dryades, des elfes et tout ce que le peuples des brumes peu comporter de créatures féeriques. Mon étonnement fut tel que je restais à observer ces êtres anciens déchaîner leur fureur sur mes contemporains. La colère qui brillait dans leurs yeux était réellement terrifiante, et les pauvres gardes n’étaient pas capables de supporter un tel assaut. Un elfe passa prés de moi et me sorti de ma stupeur :
-« Elessar, viens, suis nous !
- Mais où allons-nous et pourquoi m’aidez-vous ?
- Tu as sauvez un être des brumes, le jour passé, et cela au péril de ta vie, me di-t-il en m'entraînant vers les portes de la cité. Ce que tu as fait nous semblait pour le moins improbable, mais Asnor, le loup que tu as défendu nous a expliqué tout en détaille et nous avons décidaient de te sauver. De plus, Asnor semble te porter un intérêt particulier !
Sa dernière phrase résonna dans ma tête durant tout le trajet. Comment un loup, membre du peuple sauvage, pourrai trouver un quelconque intérêt dans une personne du peuples des hommes. Un peuple qui s’amuse à décimer ses frères et sœurs sans vergogne ! Cette idée me trottait dans la tête et, plus elle tournait plus je me répétais que mon destin était lié à se sentiment de toujours : je n’appartient pas au peuple des hommes.
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